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Détention de l’avocat Bob Kaben Massouka ; la journaliste Rosie Pioth menacée de mort ; un préfet interdit une marche pacifique

DATE POSTED : 15.01.2026

Denis Sassou Nguesso, président congolais sortant, quitte un bureau de vote à Brazzaville après avoir déposé son bulletin dans l’urne, le 20 mars 2016, lors de l’élection présidentielle.
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Contexte

Le 11 mai 2025, à Brazzaville, des individus armés et masqués ont enlevé Lassy Mbouity, chef du parti d’opposition Les Socialistes congolais et candidat à l’élection présidentielle de mars 2026, alors qu’il se trouvait à son domicile. Torturé puis abandonné par ses ravisseurs, il a été retrouvé blessé le 20 mai 2025, près de Poto-Poto, à Brazzaville. Les raisons de son enlèvement restent inconnues. Cependant, Martial Mbourangon Pa’nucci, porte-parole du parti Les Socialistes congolais, a accusé le régime en place d’avoir orchestré l’enlèvement. Le 22 mai, lors d’une conférence de presse à Brazzaville, le Consortium des associations pour la promotion de la gouvernance démocratique et l’État de droit (Capged) a condamné « l’indifférence coupable observée par les autorités compétentes » dans cet incident.

La FIDH a constaté une escalade des tensions et des violations de l’espace civique à l’approche des élections de mars 2026. Elle a notamment évoqué le cas de Lassy Mbouity, le leader de l’opposition, enlevé puis retrouvé dans un état critique, et a réclamé l’ouverture d’une enquête. L’organisation observe une augmentation des mesures répressives à l’encontre des voix dissidentes, telles que les interdictions de manifestations publiques, les refus d’accréditer des observateurs indépendants, les obstacles à l’inscription officielle des organisations de la société civile ou encore l’accès limité des partis d’opposition aux médias. Ces violations suscitent des inquiétudes quant à l’érosion des espaces démocratiques et des libertés fondamentales, ce qui pourrait entraîner une recrudescence de la violence avant les élections.

Dans son rapport annuel publié en décembre 2024, le Centre d’actions pour le développement explique que l’espace civique de la République du Congo s’est nettement détérioré et que le nombre d’incidents a augmenté de 190 % par rapport à l’année précédente. Cette répression s’est manifestée par la suppression des libertés fondamentales, telles que les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique, qui sont toutes protégées par la Constitution. Afin d’étouffer la contestation, les autorités ont souvent eu recours à une force excessive et ont multiplié les arrestations arbitraires et les tactiques d’intimidation. Des militants et des manifestants pacifiques ont été agressés, et certains ont été placés en détention pendant plusieurs jours. Cette réduction continue des libertés civiles a accru les inquiétudes déjà présentes, notamment à l’approche de l’élection présidentielle.

Liberté d’association et liberté de réunion pacifique

L’avocat Bob Kaben Massouka arrêté à Brazzaville

Le 9 juillet 2025, des agents de la Centrale d’intelligence et de la documentation (CID) ont arrêté et détenu Me Bob Kaben Massouka lors d’une descente à son domicile, à Brazzaville. Bien qu’aucune raison officielle de l’arrestation n’ait été communiquée, il semblerait que Massouka ait apporté son soutien à un groupe de jeunes activistes qui planifiaient une manifestation pacifique contre la détérioration des conditions socio-économiques du pays. Son arrestation a rapidement entraîné une grève et a conduit le bâtonnier de l’ordre des avocats, Me Andrée Brigitte Nzingoula, à convoquer une assemblée générale extraordinaire au palais de justice afin d’exiger sa libération. Le 22 juillet 2025, André Gakala-Oko, procureur de la République près le tribunal de grande instance de Brazzaville, a annoncé le transfert de Me Massouka — en détention depuis près de deux semaines —, ainsi que celui de six autres personnes, vers la maison d’arrêt de Brazzaville, et leur inculpation pour association de malfaiteurs et tentative d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État. Il a également précisé que les six individus étaient impliqués dans l’organisation de la manifestation et que Me Massouka ainsi que d’autres personnes étaient accusées de la soutenir. Selon le procureur, ces six personnes auraient planifié une initiative commune intitulée « Appel à la mobilisation pour soutenir la libération du Congo le 10 juillet 2025 », qui a été diffusée sur les réseaux sociaux.

Liberté d’expression

La journaliste Rosie Pioth menacée de mort

Le 18 juillet 2025, la journaliste Rosie Pioth, correspondante de France 24 et directrice de Fact Checking Congo, a été la cible de menaces de mort anonymes par SMS. Ces intimidations font suite à la publication, la veille, d’un article consacré à l’attentat à la bombe perpétré à l’aéroport Maya-Maya à Brazzaville en 1982. Elle y soulignait la persistance des demandes de justice et l’effacement de ce drame de la mémoire collective. Dans ces messages menaçants, dont l’un a été envoyé à son mari, les auteurs l’enjoignaient de cesser d’informer sur l’attentat. Pioth est entrée dans la clandestinité. L’association Journalisme et éthique Congo (JEC) a condamné les menaces qui pèsent sur Rosie Pioth et a réclamé des mesures pour assurer sa sécurité, tandis que le ministre de la Communication lui aurait conseillé de porter plainte.

Liberté de réunion pacifique

Un préfet interdit un rassemblement public pacifique

Le 7 février 2025, Pierre Cébert Ibocko-Onanga, préfet de Brazzaville, a interdit un rassemblement public pacifique — le meeting du « Patriarche » —, organisé par Digne Elvis Tsalissan Okombi, président de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), et dédié au président Denis Sassou N’Guesso. Le préfet Pierre Cébert Ibocko-Onanga a exprimé ses inquiétudes concernant la paix et la sécurité, car un rassemblement organisé par une association et une réunion en salle par une coalition de partis politiques étaient prévus le même jour. Initialement prévu le 5 février pour coïncider avec l’anniversaire de la première accession au pouvoir de Sassou N’Guesso, le rassemblement a été reporté au 9 février afin d’éviter tout chevauchement avec un événement du Parti congolais du travail. L’interdiction a été communiquée brusquement, alors que les préparatifs entraient dans leur phase finale.

Civic Space Developments
Country
Republic of the Congo
Country rating
Repressed
Category
Tags
attack on journalist,  bureaucratic restriction,  enforced disappearance,  HRD detained,  HRD prosecuted,  protest, 
Date Posted

15.01.2026

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