Cette mise à jour porte sur les événements liés aux libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique survenus en Algérie du 19 septembre 2025 au 15 décembre 2025.
CONTEXTE
Un leader de l’opposition est de nouveau condamné à une peine de prison pour outrage au président
Le 21 octobre 2025, le tribunal de Hussein-Dey a condamné le leader de l’opposition Fethi Ghares à deux ans de prison ferme, assortis d’une amende de 300 000 dinars (environ 3 200 USD), pour « outrage au président de la République », « outrage à corps constitué » et « propagation de fausses informations susceptibles de porter atteinte à l’ordre et à la sécurité publique ». Fethi était à la tête du Mouvement démocratique et social, interdit en février 2023. Dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, Fethi Ghares a expliqué qu’on lui reprochait d’avoir critiqué le président Abdelmadjid Tebboune lors d’une rencontre avec des médias durant laquelle il avait annoncé une révision de la loi électorale et des partis.
Ayant interjeté appel, il demeure en liberté provisoire. Cette condamnation fait suite à plusieurs procédures pénales successives engagées à son encontre depuis 2021, dont certaines ont été prononcées en 2022, 2024 et 2025 pour des commentaires politiques.
Un militant associatif et membre du Parti socialiste des travailleurs est arrêté et détenu
Le 14 décembre 2025, Lyés Touati, militant politique et associatif de renom dans la région de Bejaia, a été arrêté à Aokas et conduit au commissariat de police local. Le juge d’instruction du tribunal de Bejaia a ordonné sa mise en détention provisoire dans le cadre d’une enquête. Aucun motif n’a été communiqué à ses camarades, qui se sont rendus au commissariat pour se renseigner sur sa situation.
Le moratoire sur la peine de mort pourrait toucher à sa fin
Le 20 octobre 2025, le président de la cour de Bejaïa, Mustapha Smati, a déclaré publiquement qu’il sera « procédé à l’avenir au retour à l’application de la peine de mort », suspendue depuis 1993, dans les affaires d’enlèvement d’enfants et de trafic de drogue dans les établissements scolaires. Le magistrat a expliqué que cette mesure découle directement des engagements pris par le président Abdelmadjid Tebboune lors de son discours d’ouverture de l’année judiciaire 2025-2026. Cependant, plusieurs médias ont relevé que le président n’avait pas évoqué cette question durant son intervention.
Bien que la justice algérienne ait continué de prononcer des condamnations à mort dans certaines affaires, ces peines sont suspendues et commuées en réclusion à perpétuité.
Liberté d’expression
Un débat sur la gestion des fonds du FLN conduit à la condamnation d’un journaliste et à la fermeture d’un média
Le 27 novembre 2025, le doyen de la presse algérienne, Saâd Bouakba, a été arrêté à la suite d’une plainte pour diffamation déposée par la fille du défunt président Ahmed Ben Bella, après la diffusion d’une interview de Bouakba sur la chaîne YouTube du média Vision TV News. Bouakba y avait évoqué l’« affaire du trésor du FLN » et avait mis en question la gestion de certains fonds appartenant au Front de libération nationale. Il avait notamment affirmé qu’après l’indépendance, en 1962, certains dirigeants du FLN s’étaient approprié une partie de ces ressources.
Le 4 décembre 2025, le tribunal de Bir Mourad Raïs à Alger l’a condamné à une peine de trois ans de prison avec sursis, assortie d’une amende d’un million de dinars (environ 7 700 USD) pour « outrage et diffamation » envers les « symboles de la Révolution de libération nationale », ainsi que pour « diffusion de fausses nouvelles » via les technologies de l’information et de la communication. Il avait déjà été incarcéré en 1992 et en 1996, puis placé en détention en 2023.
La justice a également condamné le directeur de Vision TV, Abderrahim Harraoui, à une peine d’un an de prison avec sursis et a ordonné la fermeture définitive de la chaîne, ainsi que la confiscation de son matériel de diffusion.
Un journaliste français est condamné en appel pour apologie du terrorisme
Le 3 décembre 2025, la cour d’appel de Tizi Ouzou a confirmé la peine de sept ans de prison prononcée le 29 juin de la même année à l’encontre du journaliste français Christophe Gleizes pour apologie du terrorisme. Journaliste sportif spécialisé dans le football, il avait été arrêté alors qu’il réalisait un reportage et préparait un ouvrage consacré au club Jeunesse Sportive Kabylie. La justice algérienne reproche au journaliste d’avoir entretenu des contacts avec des personnes liées au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK).
Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a « regrett[é] vivement » la confirmation de cette peine, malgré la pleine coopération du journaliste avec les autorités, et a exprimé son inquiétude quant au respect de la liberté de la presse. Reporters sans frontières et d’autres organisations ont dénoncé cette décision, qu’elles jugent disproportionnée et motivée par des considérations politiques.
Le journaliste a formé un recours en cassation contre sa condamnation.
À la suite de pressions diplomatiques, le président gracie l’écrivain français Boualem Sansal ; un collectif dénonce la libération sélective de prisonniers
Le 12 novembre 2025, le président Abdelmadjid Tebboune a gracié l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, détenu depuis novembre 2024. Il avait été condamné le 27 mars 2025 à cinq ans de prison pour « atteinte à la sécurité de l’État » et « atteinte à l’unité nationale ». La présidence algérienne a expliqué que cette mesure faisait suite à un appel humanitaire lancé par le président allemand Frank-Walter Steinmeier, qui avait alors évoqué l’âge avancé de l’écrivain et la détérioration de son état de santé. De son côté, l’Allemagne s’était engagée à prendre en charge son déplacement et ses soins médicaux. Après sa libération, Boualem Sansal s’est installé à Berlin, puis s’est rendu en France.
Le 22 novembre 2025, le Groupe de solidarité avec l’Algérie — un collectif d’acteurs de la société civile — a publié un communiqué appelant à la libération immédiate et sans condition de toutes les personnes emprisonnées pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions politiques en Algérie. Le groupe a dénoncé le caractère sélectif de la libération de Boualem Sansal, tout en rappelant que de nombreuses personnes demeurent incarcérées en raison de leurs publications sur les réseaux sociaux, de leurs écrits, de leurs activités syndicales ou de leur engagement politique non violent. Il a également condamné le recours à la détention provisoire prolongée, aux poursuites infondées et aux lois restrictives dans le but de museler les voix critiques.
Au lendemain de la libération de Boualem Sansal, Mohamed Baba Nedjar, considéré comme le plus ancien prisonnier d’opinion en Algérie, a entamé une grève de la faim pour dénoncer la continuité de son incarcération depuis 2005. Il a mis fin à sa grève de la faim le 13 décembre 2025.
Pour rappel, Mohamed Baba Nedjar a été condamné à la réclusion à perpétuité pour l’assassinat de Brahim Bazine, à Ghardaïa en 2005, un crime qu’il nie catégoriquement. Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme avaient dénoncé le caractère précipité de son procès ainsi que de graves irrégularités qui avaient entaché la procédure.
Un dirigeant syndical condamné en représailles pour avoir fourni des informations à l’OIT
Le 29 octobre 2025, le tribunal de première instance d’Oum El Bouaghi a condamné Ali Mammeri, président du Syndicat national des fonctionnaires de la culture et des arts (SNFC) et défenseur des droits de l’homme contestataire, à quinze ans de prison pour « apologie du terrorisme » et « diffusion d’informations classées par le biais de moyens de communication électroniques ».
Il avait été arrêté le 19 mars 2025 sur son lieu de travail, sans mandat judiciaire, après que son syndicat avait adressé une communication au Comité de la liberté syndicale de l’OIT concernant des violations des droits syndicaux en Algérie. Il a dénoncé avoir subi de mauvais traitements durant sa détention, notamment des coups, et avoir été obligé de se déshabiller et de confesser sous la contrainte.
Le cas d’Ali Mammeri illustre le recours des autorités algériennes à des accusations de terrorisme qui sont infondées et trop générales pour écraser la dissidence pacifique et nuire aux activités des syndicats et d’autres organisations indépendantes.
- Amnesty International
Un poète est condamné à cinq ans de prison
Le 10 novembre, vingt organisations algériennes, régionales et internationales ont exhorté les autorités à abandonner toutes les poursuites engagées contre le militant et poète Mohamed Tadjadit et ses coaccusés, et à les libérer. Dans leur déclaration commune, elles ont affirmé que ces poursuites étaient dénuées de fondement et ont averti que l’utilisation abusive des lois antiterroristes pour restreindre le droit à la liberté d’expression créait un effet dissuasif, portant atteinte aux libertés fondamentales et à l’état de droit. Tadjadit, surnommé « le poète du Hirak », est une figure de la résistance pacifique. Depuis 2019, il fait l’objet d’un harcèlement judiciaire incessant, ayant débouché sur plusieurs incarcérations, suivies d’une grâce en novembre 2024, puis d’une nouvelle arrestation en janvier 2025.
Le 11 novembre 2025, Tadjadit a été condamné à cinq ans de prison pour des chefs d’accusation liés au terrorisme, notamment « propagation d’idées extrémistes » et « soutien à des organisations terroristes ».
Il a entamé une grève de la faim le 16 novembre 2025, mais il y a finalement renoncé aux demandes insistantes des médecins, de sa défense et de sa famille.
Un nouveau procès devait s’ouvrir le 30 novembre 2025 à l’encontre de Tadjadit et de douze autres militants pour « complot visant à inciter les citoyens contre l’autorité de l’État et à porter atteinte à l’unité nationale », une infraction passible de lourdes peines d’emprisonnement, voire de la peine de mort, alors que ces allégations reposent exclusivement sur leur militantisme pacifique et des conversations privées en ligne en faveur de réformes politiques.
Le président du barreau impose une autorisation préalable pour les interventions des avocats auprès des médias
Le 28 septembre 2025, le bâtonnier du barreau d’Alger, Mohamed Baghdadi, a adressé une note de service ordonnant à ses confrères de s’abstenir de toute déclaration publique sans son autorisation. Il impose aux avocats l’obligation d’obtenir une autorisation préalable pour toute intervention dans les médias et leur interdit de s’exprimer sur des questions politiques ou sociales. Ceux qui refuseraient de s’y conformer s’exposeraient à des sanctions pouvant aller jusqu’à l’exclusion du barreau.
En réponse, six organisations de la diaspora algérienne ont publié une déclaration commune dans laquelle elles ont dénoncé ce qui équivaut à un acte illégal de censure, contraire aux principes de l’état de droit, aux garanties constitutionnelles, aux engagements internationaux de l’Algérie et aux règles déontologiques de la profession.
Réduire l’avocat au silence en dehors des salles d’audience ne fragilise pas seulement la profession, mais sape les fondements mêmes de la démocratie et prive la société du bénéfice d’opinions juridiques indépendantes.
- Déclaration commune de six associations de la diaspora algérienne.
Deux éditeurs sont exclus du SILA
Le Salon international du livre d’Alger (SILA) s’est tenu du 29 octobre 2025 au 8 novembre 2025, au palais des Expositions des Pins Maritimes de la capitale. Les maisons d’édition Tafat et Koukou Éditions n’ont pas été autorisées à y participer. Elles dénoncent un climat marqué par le contrôle politique sur le secteur du livre, ainsi que des exclusions injustifiées.
Koukou Éditions est une maison d’édition algérienne spécialisée dans les essais politiques, les récits historiques et l’actualité. Son directeur a reconnu que ses publications avaient souvent suscité des débats animés, mais qu’elles n’avaient jamais provoqué d’incidents. Koukou Éditions s’était déjà vu refuser l’accès au salon durant trois années consécutives et avait déposé une plainte en 2024. Le 1ᵉʳ juillet 2025, le président de la Commission de censure, Tidjani Tama, a révélé que les mesures punitives prises à l’encontre de Koukou Éditions avaient été ordonnées par la ministre de la Culture, Soraya Mouloudji, à la suite d’un « rapport secret des services de sécurité », qui accusent « les publications de cette maison d’édition d’être destructrices » et de « porter atteinte à l’image de l’Algérie ». Cependant, ce rapport n’a pas été inclus au dossier et le directeur de la maison d’édition n’a pas pu exercer son droit de réponse face à ces allégations. La plainte s’est soldée par un non-lieu et ne sera donc pas renvoyée devant un tribunal correctionnel.
Les organisateurs ont également rejeté la demande de la maison d’édition Tafat de participer au SILA sans fournir d’explication.
Un universitaire condamné pour ses propos sur l’identité amazighe est gracié
Lors d’une précédente mise à jour, nous avions évoqué le cas de Mohamed Amine Belghit, un historien connu pour ses déclarations publiques provocatrices. Le 3 juin 2025, le tribunal de Dar El Beida l’a condamné à cinq ans de prison et à une amende de 500 000 dinars (environ 3 850 USD) pour atteinte à l’unité nationale. Le 7 octobre 2025, la dixième chambre de la cour d’appel d’Alger l’a condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis.
Le 15 décembre 2025, le président a signé un décret accordant la grâce totale à l’historien.
Une écrivaine est arrêtée pour une publication sur les réseaux sociaux
L’écrivaine et éditrice Zineb Melizi, alias Salima Melizi, a publié sur Facebook un commentaire concernant Ibtissem Hamlaoui, présidente de l’Observatoire national de la société civile et de la branche algérienne du Croissant-Rouge, dans lequel elle lui reprochait des fautes professionnelles, ainsi que sa gestion défaillante des organisations qu’elle dirige.
Les autorités judiciaires ont retenu plusieurs chefs d’accusation contre Zineb Melizi, notamment « outrage à un fonctionnaire public », « menace envers un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions » et « non-respect de convocations officielles ». Le 29 octobre 2025, elle a été entendue par la brigade de Gendarmerie nationale de Bir Mourad Raïs, et le lendemain, le tribunal de Bir Mourad Raïs a ordonné son placement en détention provisoire. Zineb Melizi est âgée de 65 ans. Elle a été remise en liberté le lendemain.
Un journaliste est condamné pour des publications sur les réseaux sociaux traitant des droits de l’homme et de décisions de justice
Le 12 octobre 2025, le tribunal d’Annaba a condamné le journaliste et ancien rédacteur en chef Mustapha Bendjama à une peine d’un an de prison avec sursis, assortie d’une amende de 100 000 dinars (environ 770 USD), pour « publication de fausses nouvelles » et « atteinte à l’intérêt national ». Il avait été arrêté le 30 décembre 2025 et placé sous contrôle judiciaire pour avoir diffusé, sur ses comptes personnels, des publications d’avocats du Collectif de défense des détenus d’opinion critiquant certaines décisions judiciaires, ainsi que pour avoir dénoncé l’interdiction de sortie du territoire national qui lui avait été imposée de manière arbitraire. Il lui avait été interdit de publier ou de quitter le pays pendant la durée de son contrôle judiciaire.
Un militant est condamné pour des publications sur les réseaux sociaux
Le 21 octobre 2025, la cour d’appel de Sétif a confirmé le jugement rendu en première instance en avril visant le militant Hmimi Boudier, qui avait alors été condamné à une peine de six mois d’emprisonnement avec sursis, assortie d’une amende de 100 000 dinars algériens (environ 770 USD). Hmimi Boudier s’était exprimé sur des questions politiques nationales ou en lien avec les droits de l’homme. Il avait été poursuivi au titre de l’article 96 du Code pénal pour la publication de contenus susceptibles de porter atteinte aux intérêts nationaux et de l’article 196 bis du même code pour la diffusion de fausses informations susceptibles de porter atteinte à l’ordre public.
Un militant et journaliste kabyle est arrêté
Le militant et journaliste kabyle Abdelouahab Moualek a été arrêté le 24 novembre 2025 et placé en garde à vue au commissariat de police de Sidi Aïch. Il affirme avoir ensuite été transféré menotté au tribunal de Sidi Aïch, à bord d’un fourgon pénitentiaire, sans aucune explication officielle sur les motifs de son arrestation.
Modérateur du site d’information local Bejaia06.com, Abdelouahab Moualek a fait l’objet de poursuites depuis 2019 et a été jugé dans le cadre de dix affaires différentes pour « incitation à des attroupements non armés, publications pouvant porter atteinte à l’unité nationale et incitation au rejet des élections ».
Un syndicaliste, suspendu depuis plusieurs mois, est finalement acquitté
Le 4 décembre 2025, le tribunal de Béjaïa a acquitté le fonctionnaire et syndicaliste Karim Djidjeli, et ordonné que son téléphone portable lui soit restitué. Il avait été arrêté le 22 février 2025 et suspendu de ses fonctions le 29 juin 2025. Il avait été accusé de « diffusion de publications susceptibles de porter atteinte à l’intérêt national » et d’« outrage à un corps constitué ».
Une thèse doctorale sur le mouvement berbère en Kabylie est interdite
Le 24 novembre 2025, Samir Larabi, doctorant en sociologie à l’université Abderrahmane Mira de Bejaïa, a publié un communiqué dans lequel il accuse la direction de l’université de l’avoir illégalement empêché de soutenir sa thèse durant plus de deux ans. Il avait déposé sa thèse intitulée Le mouvement berbériste en Kabylie entre intégration nationale et velléité indépendantiste en juin 2023. Il affirme que l’administration rectorale tente de le censurer, refuse de répondre par écrit à ses multiples demandes et distille des mensonges au nom des « services de sécurité », qui auraient émis des réserves quant au contenu de son travail.
Les interdictions arbitraires de voyager sont employées comme un instrument de répression
Le 30 octobre 2025, MENA Rights Group a publié un rapport intitulé Algérie : les interdictions de sortie du territoire national, un outil de répression massif aux mains des autorités. Dans ce document, l’organisation dénonce l’utilisation abusive des interdictions de sortie du territoire national (ISTN) par les autorités dans le but de museler les voix dissidentes et de restreindre la liberté de circulation. S’appuyant sur près de trente cas, les auteurs du rapport décrivent comment ces mesures créent un climat de peur et d’autocensure. Ils y expliquent également que ces mesures sont souvent imposées de manière arbitraire, sans notification préalable, et que les personnes visées n’en sont informées que lorsqu’elles tentent de franchir une frontière. L’absence de fondement juridique clair pour ces interdictions, ainsi que la possibilité de les prolonger indéfiniment et l’impossibilité de les contester, constituent une violation du droit à la liberté de circulation et enfreignent les engagements internationaux de l’Algérie.
Liberté de réunion pacifique
Un appel de la génération Z à des manifestations est qualifié de complot marocain
Sur les réseaux sociaux, des comptes anonymes ont appelé à des manifestations pacifiques, le 3 octobre 2025, dans toutes les villes du pays, afin de dénoncer la corruption et d’exiger la libération des prisonniers politiques. Cet appel avait été lancé quelques jours avant l’échéance fixée par le mystérieux collectif GenZ213, à l’instar du mouvement GenZ212, qui avait impulsé les manifestations de septembre 2025 au Maroc. Le 30 septembre 2025, l’Agence algérienne de presse a dénoncé une « manipulation marocaine ». De leur côté, les médias marocains ont raillé la tendance à attribuer toute contestation interne en Algérie à une « manipulation étrangère ».
Les services de sécurité ont surveillé de près les réseaux sociaux, et la capitale, Alger, a été placée sous une forte surveillance policière. Finalement, aucune mobilisation ne s’est matérialisée dans les rues des grandes villes le 3 octobre 2025.
Dix dirigeants syndicaux sont placés en détention après une grève des cheminots
Le 26 novembre 2025 au matin, les travailleurs du rail ont cessé le travail de manière inopinée. Cette mobilisation est intervenue dans le cadre d’un conflit ouvert avec la direction de la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF), motivée notamment par des « pressions [exercées] sur l’activité syndicale ». Dix syndicalistes de la SNTF ont été placés en détention provisoire à la suite de cette grève.
Un sit-in pour les droits du peuple sahraoui
Le 30 octobre 2025, à la veille d’une session du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Sahara occidental, des étudiants et des citoyens sahraouis, dont l’ambassadeur de la République arabe sahraouie, ont organisé une manifestation devant l’ambassade de ce pays à Alger pour dénoncer la proposition américaine concernant ce territoire. Ils ont réitéré le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance.
Les mères des disparus protestent contre le silence de l’État
Le 10 décembre 2025, une douzaine de femmes et un homme se sont rassemblés devant le siège du Conseil national des droits de l’homme à Alger pour réclamer vérité et justice pour leurs proches disparus au cours de la « décennie noire ».