Liberté d'association

Détention de huit syndicalistes

En janvier 2021 plusieurs membres du nouveau Syndicat des enseignants du Togo (SET) ont été arrêtés à la suite d'un appel à la grève des enseignants. Essohanam Baho a été arrêté le 17 janvier 2021 à Kara et Elie Adekplor le 19 janvier 2021. Ces arrestations musclées ont provoqué une onde de choc au sein du secteur syndical et ont incité plusieurs syndicalistes à se cacher. Dans un communiqué et lors d'une conférence de presse le 21 janvier 2021 la centrale syndicale Synergie des travailleurs du Togo (STT) a déclaré que des gendarmes du Service central de recherches et d'investigations criminelles (SCRIC) ont pénétré dans ses locaux le 20 janvier, ont interrompu une réunion et ont arrêté quatre syndicalistes, dont trois responsables du SET, sans présenter de mandats. Les trois responsables participaient à une réunion avec le coordinateur du STT ce jour-là parce que la centrale syndicale s'était proposée comme médiatrice entre le SET et le gouvernement à la suite de l'arrestation de certains membres du SET, rôle accepté par le gouvernement. Au total, huit syndicalistes ont été arrêtés, dont sept ont été remis en liberté le 22 janvier et le dernier le 24 janvier. Cependant, ils restent sous contrôle judiciaire.

Les syndicalistes auraient été recherchés pour faux et usage de faux, pour ne pas avoir tenu leur assemblée constitutive selon les formes requises et pour avoir transmis au ministère de l’Administration territoriale des listes de présence à un congrès virtuel où les signataires ne se reconnaissaient pas.

Dans une déclaration à Radio France Internationale Monzolouwè Atcholi Kao, président de l'Association des victimes de la torture au Togo, commente :

« Il existe de vraies menaces sur les espaces de liberté au Togo. En ce moment, l’exemple le plus édifiant ce sont les arrestations opérées dans le monde syndical. C’est vraiment inquiétant pour l’avenir du processus de l’état de droit et de la démocratie dans notre pays. »

Le SET a suspendu la grève prévue pour les 28 et 29 janvier.

Liberté d'expression

Le régulateur national des médias suspend le bihebdomadaire L'Alternative

Le 5 février 2021 la Haute Autorité de l'Audiovisuelle et de la Communication (HAAC) a suspendu le bihebdomadaire L'Alternative pour une période de quatre mois pour des accusations de publication de fausses informations à la suite d'une plainte du ministre de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Réforme foncière Koffi Tsolenyanou. Cette plainte fait référence à un article publié le 2 février 2021 accusant Tsolenyanou de falsification de documents. Dans un communiqué de presse publié le 5 février 2021 la HAAC accuse le bihebdomadaire de publication de fausses informations, d'atteinte aux règles déontologiques, d'absence de recoupements des faits et « d’insinuations sans fondements ». La HAAC a en outre affirmé que le journal n'avait pas « rectifié les propos tenus », comme elle l'avait exigé. Ferdinand Messan Ayité, rédacteur en chef de L'Alternative, commente : « C’est un dossier fait avec le plus grand professionnalisme. On nous demande de faire un démenti selon la volonté du ministre plaignant. Nous avons dit qu’on ne démentira rien parce que tout ce que nous avions dit est fondé avec des documents à l’appui ».

Auparavant L'Alternative avait été suspendu pendant deux mois en mars 2020, et en novembre 2020 le journal et son rédacteur en chef Ferdinand Messan Ayité ont été condamnés à des amendes de deux millions de francs CFA (3 714 USD) chacun pour diffamation à propos d'un article où il était question d'années de détournement de fonds dans l'importation d'essence et dans la fixation des prix de l'essence.