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Gabon

Last updated on 19.11.2018 at 08:10

Gabon-Overview

Although civic space in Gabon appears constitutionally unimpeded, civil society operates under serious restrictions, which impede their ability to speak out on any issue of concern to them.

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La HAC suspend plusieurs médias

La HAC suspend plusieurs médias

La Haute Autorité de la Communication (HAC), créée en février 2018 pour remplacer le Conseil national de la communication, a suspendu plusieurs médias au cours des derniers mois.

Expression

La Haute Autorité de la Communication (HAC), créée en février 2018 pour remplacer le Conseil national de la communication, a suspendu plusieurs médias au cours des derniers mois. Le 8 novembre 2018, la HAC a suspendu le journal L'Aube pour une période de trois mois après la publication par ce dernier d'un article sur l'état de santé du président Bongo. L'article intitulé « Le Gabon en (très dangereux) pilotage automatique », publié le 7 novembre, se demandait pourquoi l'absence du président n'avait pas déclenché la disposition constitutionnelle relative à la vacance de pouvoir. L'état de santé du président a été longtemps enveloppé dans le secret jusqu'à ce que le porte-parole présidentiel ait déclaré, le 11 novembre, que le président allait bien après avoir été admis dans un hôpital de Riyad à la fin octobre. En plus de la suspension du journal, le rédacteur en chef de L'Aube, Orca Boudiandza Mouellé, a été interdit d'exercer sa profession de journaliste pour une période de six mois.

En août 2018, plusieurs médias ont été suspendus. La sanction la plus sévère a été infligée à France 2, laquelle n'a plus le droit de diffuser ses programmes dans le pays depuis le 22 août et cela pendant une période d'un an. Cette suspension est liée à la diffusion du documentaire « Le clan Bongo, une histoire française » par la chaîne la veille du 17 août. La HAC a estimé que le documentaire était « subversif », « de nature à perturber l'ordre » et constituait « une attaque contre les institutions de la République ». Le documentaire, très critique à l'égard du président Ali Bongo, avait suscité une controverse lors de sa première diffusion au Gabon en juillet 2017. Le 28 août –cinq jours après la décision initiale de la HAC– la suspension imposée à France 2 a été ramenée à trois mois après le dépôt d'une demande de révision de la suspension par la chaîne de télévision.

Le même jour, la HAC a également suspendu l’hebdomadaire Échos du Nord pendant une période d'un mois pour ne pas avoir respecté une convocation de l'organisme de réglementation des médias. La HAC avait convoqué les directeurs des Échos du Nord et de L'Aube en raison d'articles publiés sur l'achat de voitures de luxe par le vice-président Pierre Claver Maganga-Moussavou. Comme indiqué précédemment, le journal Échos du Nord avait déjà fait l’objet d'une suspension en juin 2017 et avait été victime de harcèlement lorsque ses bureaux avaient été été perquisitionnés en novembre 2016. La société de distribution des chaînes de télévision TV Satcon a vu sa licence suspendue pendant trois mois pour piratage de la chaîne Beinsport. Satcon avait reçu un avertissement le 8 août lui ordonnant d'arrêter la diffusion des émissions de Beinsport.

Le 9 août 2018, la HAC avait suspendu l'hebdomadaire La Loupe pour une période d'un mois car il avait publié des commentaires jugés contraires à l'éthique journalistique. La suspension concerne la publication le 7 août de sa 391ème édition intitulée « Voici les "parasites" de la République », faisant référence aux alliés du gouvernement. Cette édition a été immédiatement retirée des kiosques. L'Organisation patronale des médias du Gabon (Opam) a condamné cette décision dans un communiqué de presse du 10 août dans lequel elle demande à la HAC de reconsidérer la suspension. Son président, Guy Pierre Biteghe a demandé à la HAC de :

« [...] reconsidérer la sanction infligée au journal La Loupe, dans l’intérêt supérieur de l’image du Gabon dont les atteintes répétées aux libertés de la presse lui valent chaque année d’être mal classé par les institutions internationales veillant sur les droits de l’homme et le respect des libertés. »

Le 23 juillet 2018, la HAC a suspendu la chaîne de télévision locale Media+ pour « manque de courtoisie » : elle avait refusé l'inspection de ses locaux à Port-Gentilde par la HAC. Arnaud Froger, de Reporters sans frontières, a déclaré :

« En sanctionnant de manière disproportionnée un média qui a refusé de lui ouvrir ses portes, la HAC, mise sur pied il y a quelques mois seulement, envoie un signal inquiétant aux médias gabonais. » 

Quelques jours plus tard Media+ a été autorisée à poursuivre ses émissions. 

Réunion pacifique

Le ministre de l'Intérieur a interdit une manifestation syndicale prévue le 13 août 2018 afin de protester contre les mesures d'austérité prises par le gouvernement gabonais en juin 2018. Ces mesures visent à réduire les coûts defonctionnement de l'État et touchent fortement les fonctionnaires. Le ministre Lambert-Noël Matha a déclaré que la demande des syndicats était irrecevable parce que l'objet des manifestations (la contestation des mesures d'austérité prises par le gouvernement) était en instance devant la Cour constitutionnelle et a demandé aux syndicats d'attendre la décision de la Cour.

Le 28 août 2018, environ 28 personnes ont été arrêtées alors qu'elles tentaient d'organiser une nouvelle manifestation convoquée par la Confédération syndicale Dynamique unitaire contre les mesures d'austérité. Dans la soirée du 27 août, le ministre de l'Intérieur Lambert Matha avait publié une déclaration dans laquelle il affirmait que la manifestation prévue « n'a pas reçu l'autorisation des services compétents en la matière » et que des forces de sécurité seraient déployées sur le point de rassemblement le matin de la manifestation. Parmi les personnes détenues figurait le journaliste Morel Mondjo de Gabon Media Time chargé de couvrir la manifestation. Tous ont été libérés au bout de quelques heures.

Jean-Rémy Yama, président de Dynamique unitaire, a déclaré à RFI :

« Peut-être que le ministre n'a pas eu le temps de nous transmettre l'interdiction (mais) la loi est claire : l'interdiction doit parvenir aux manifestants 48h avant… Vous comprenez que nous ne sommes pas dans un pays démocratique : la marche c'est l'expression de la démocratie ! »

Association

The Gabonese constitution recognises people’s right to freely associate with one another and form organisations.

The Gabonese constitution recognises people’s right to freely associate with one another and form organisations. At the regulatory level, civil society organisations are governed by a law from 1962, which CSOs consider obsolete. Although the registration process is simple, authorities often fail to provide organisations with the necessary receipt of their registration; the rules on funding are not conducive to the development of the sector; and the law has not kept up with the evolution of the sector and does not accommodate new forms of organisation such as platforms, networks and movements. In addition to the difficulties faced by organisations, individual human rights defenders also sometimes face harassment and intimidation. At times, CSOs are labelled as opponents of the government, especially those which highlight sensitive or critical human rights issues.

Peaceful Assembly

Despite constitutional protections, people in Gabon face many obstacles when trying to exercise their right to protest peacefully in public.

Despite constitutional protections, people in Gabon face many obstacles when trying to exercise their right to protest peacefully in public. All public protests must first be approved by the government, in contravention of international best practice on the freedom of peaceful assembly. When demonstrations do take place, security forces regularly use violence to disperse protestors. This is what happened on 20th December 2014, when a demonstration banned by the authorities resulted in one death and more than a hundred arrests. More recently, police used excessive force and killed at least two people during protests after the 2016 presidential elections.

Expression

Though Gabon is home to several privately-owned newspapers, TV and radio stations, online news websites and blogs, public media dominates the press landscape and private media faces bureaucratic harassment from authorities.

Though Gabon is home to several privately-owned newspapers, TV and radio stations, online news websites and blogs, public media dominates the press landscape and private media faces bureaucratic harassment from authorities. Some journalists are regularly threatened and sued for defamation, with press offenses continuing to be criminalised in Gabon. The media self-censors on some sensitive topics including rituals crimes and corruption by the authorities. Access to government information is very limited and there is freedom of information law in Gabon. Authorities exercise strict control over the internet and social media. The internet in Gabon was shut down in the wake of the 2016 elections after protestors started contesting the elections results.