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Last updated on 08.03.2019 at 11:26

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Des journalistes détenus et plus de cent arrestations lors de manifestations de l'opposition

Des journalistes détenus et plus de cent arrestations lors de manifestations de l'opposition

Le week-end du 26 au 27 janvier 2019, plus de cents manifestants ont été arrêtés lors de « marches blanches » à Douala, Yaoundé, Dschang, Bafoussam et Bafang. Le parti d'opposition Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) avait appelé le 26 janvier 2019 à manifester pour protester contre ce qu'il considère comme une fraude électorale lors de l'élection présidentielle du 7 octobre 2018.

Réunion pacifique

Plus de cent arrestations lors de manifestations de l'opposition

Le week-end du 26 au 27 janvier 2019, plus de cents manifestants ont été arrêtés lors de « marches blanches » à Douala, Yaoundé, Dschang, Bafoussam et Bafang. Le parti d'opposition Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) avait appelé le 26 janvier 2019 à manifester pour protester contre ce qu'il considère comme une fraude électorale lors de l'élection présidentielle du 7 octobre 2018. Selon Amnesty International, les forces de sécurité ont fait un usage excessif de la force contre les manifestants. Sept personnes ont été blessées par balle à Douala, capitale administrative du Cameroun, tandis que plusieurs autres ont été rouées de coups. Une cinquantaine de personnes ont été libérées le lendemain de leur arrestation, alors que d'autres ont été placées en détention administrative. Deux journalistes couvrant les manifestations ont été arrêtés (cf. Liberté d'expression). Les autorités nient avoir utilisé des balles réelles et ont affirmé que ces manifestations étaient « non autorisées ». Maximilienne Ngo Mbe du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC) a déclaré à Radio France Internationale (RFI) :

« C'est hors de question que dans une manifestation pacifique il y ait l'utilisation d'une force disproportionnée alors qu'il n'y a pas risque de casse, qu'il n'y a pas de risque de trouble à l'ordre public... »

Le MRC a annulé plusieurs manifestations prévues pour le 2 février 2019 dans plusieurs villes pour exiger la libération du chef du parti, Maurice Kamto (cf. Liberté d'association), après que le préfet de Yaoundé a interdit la manifestation dans la capitale afin de « préserver l'ordre public ».

Auparavant, le 4 novembre 2018, des dizaines de manifestants, partisans de Maurice Kamto, avaient été arrêtés à Bafoussam. Selon le MRC un total de 39 personnes ont été arrêtées. Les autorités affirment que la manifestation était non autorisée. Christophe Kamdem de MRC a commenté :

« J’avais, il y a deux semaines de cela, déposé une déclaration pour une marche pacifique auprès des autorités administratives. Et jusqu’à dimanche, je n’ai pas reçu de lettre signifiant une interdiction. J’ai été surpris quand nous avons amorcé cette marche que la police, l’armée, les gardiens de prison se ruent sur les militants du MRC »

Conférence de presse de l'opposition interdite

Les autorités administratives ont interdit la conférence de presse du candidat à la présidence Cabral Libii du parti d'opposition Univers prévue pour le 24 octobre 2018 pour commenter leur position sur les résultats officiels des élections, selon des sources issues des réseaux sociaux citées par Africanews.

Expression

Détention de plusieurs journalistes

Le 28 janvier 2019, les journalistes Théodore Tchopa et David Eyengue Nzima du journal Le Jour ont été arrêtés alors qu'ils couvraient une manifestation qui a éclaté lorsque le chef de l'opposition Maurice Kamto a été arrêté à Douala (cf. Liberté d'association). Ils ont été transférés au siège de la police judiciaire à Yaoundé, a déclaré le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Tous deux ont été libérés le 1er février 2019.

Le 5 novembre 2018, la journaliste Mimi Mefo Takambou s'est présentée à la gendarmerie nationale de Douala, accusée de propagation de fausses informations et de cybercriminalité. Ces chefs d'accusation ont ensuite été transformés en propagation d'informations susceptibles de porter atteinte à la sécurité de l'État. Elle avait été convoquée le 31 octobre 2018 par les autorités. Elle a été placée en détention préventive le 7 novembre 2018 et a été transférée à la prison de New Bell à Douala. Mefo Takambou couvrait le conflit dans les régions anglophones et elle est la fondatrice du blog Mimi Mefo Infos et rédactrice en chef du service de presse en anglais d’Equinoxe, une chaîne de télévision et radio privée. Elle a été libérée sous caution le 10 novembre et le tribunal militaire de Douala a abandonné toutes les charges retenues contre Mefo Takambou le 12 novembre 2018.

Un des avocats de Mefo a déclaré à l'AFP que Mefo était accusée d'avoir « relayé, tout en en indiquant la source, un post disant que ce sont des balles de l’armée qui ont tué le missionnaire américain Charles Trumann Wesco ». Wesco était un missionnaire américain, décédé le 30 octobre 2018 après avoir été victime d'une agression par balles à l'extérieur de Bamenda, dans la région du Nord-Ouest.

Le 23 octobre 2018, le directeur du site web Hurinews.com et défenseur des droits de l'homme, Michel Biem Tong, a été arrêté après avoir été convoqué par le Secrétariat d'État à la Défense à Yaoundé. Il a été accusé d'« apologie d'actes de terrorisme » en vertu de la loi antiterroriste de 2014. Selon Front Line Defenders, Biem Tong s'était vu refuser les visites et ses avocats n'étaient pas autorisés à accéder à son dossier. Suite à une grâce présidentielle accordée à 289 personnes détenues en relation avec la crise anglophone, Biem Tong a été libéré le 15 décembre 2018 (cf. Liberté d'association). Hurinews.com est un site d’information axé sur les droits de l’homme et Biem Tong a rendu compte des violations des droits de l’homme commises dans l’escalade du conflit anglophone, et plus récemment des violations commises au cours du processus électoral au Cameroun.

Le journaliste du Messager Joseph Olinga Ndoa a été arrêté le 3 novembre 2018 à Bafoussam et aurait été battu par des agents de la sécurité. Cette arrestation s'est produite dans le contexte de la manifestation de l'opposition du Mouvement pour la renaissance du Cameroun du 4 novembre 2018 (cf. Libérté de réunion pacifique) contre ce qui est qualifié de « hold-up électoral ». Olinga Ndoa a été remis en liberté temporairement le 5 novembre 2018.

Dans une déclaration publiée le 29 novembre 2018, huit organisations, dont Amnesty International et Tournons la Page, ont condamné les attaques et la répression contre les défenseurs des droits de l'homme et la société civile, ainsi que les arrestations de journalistes. Emilie Leroux de l'OSC CCFD-Terre Solidaire adéclaré :

« A cause des arrestations, il devient de plus en plus difficile pour les journalistes indépendants et les membres de la société civile de jouer leur rôle en toute sécurité alors que dans le contexte actuel, l’information, le dialogue et la participation de toutes les composantes de la société sont indispensables. »

Un journaliste d'investigation battu et poignardé

Le 31 janvier 2019 trois inconnus ont battu et poignardé le journaliste d'investigation Paul Chouta travaillant pour le site CameroonWeb alors qu'il quittait son domicile. Les trois attaquants ont pris la fuite lorsque les voisins de Chouta sont intervenus. Chouta et son rédacteur en chef, Emmanuel Vitus, ont déclaré au CPJ qu'ils pensent que l'attaque était liée à une interview que Chouta avait faite sur Facebook en direct avec le responsable de campagne du leader de l'opposition, Kamto, arrêté le 28 janvier 2019. Chouta a été blessé et affirme recevoir des menaces régulièrement.

Un groupe de défense des droits a demandé à l'ONU d'enquêter sur la détention arbitraire du journaliste Amadou

Le groupe de défense des droits Reporters sans frontières (RSF) a demandé au Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire d'examiner le cas du journaliste Amadou Vamouké, ancien chef de l'entité publique Cameroon Radio Television (CRT), qui est en detention depuis juillet 2016 sur des accusations de détournement de fonds. Son procès devant le tribunal criminel spécial a été reporté quinze fois. RSF a déclaré que l'État n'avait pas fourni d'éléments probants ou de témoignages à l'appui des charges retenues contre Vamouké. Arnaud Froger de RSF a déclaré :

« Après deux ans et demi derrière les barreaux sans avoir été condamné, le caractère arbitraire de la détention ne fait aucun doute. Il est essentiel qu’il soit reconnu par l’ONU afin d’accentuer la pression sur les autorités camerounaises pour obtenir sa libération. » 

Association

Des membres du parti d'opposition MRC et leur leader arrêtés

À la suite des manifestations du week-end du 26 janvier 2019 (cf. Liberté de réunion pacifique), le chef de l'opposition Maurice Kamto, du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), et deux de ses collègues, Albert Dzongang et Christian Penda Ekoka, ont été arrêtés le 28 janvier 2019 à Douala. Le ministre de l'Administration territoriale, Paul Ataga-Nij, a également confirmé l'arrestation de deux autres membres du MRC, Alain Fogue et Célestin Djamen, à Yaoundé. Selon des informations communiquées à Human Rights Watch, près de 200 personnes, principalement des partisans du MRC, ont été arrêtées à la suite des manifestations. Kamto et 29 de ses compagnons arrêtés auraient entamé une grève de la faim après avoir appris qu'ils étaient accusés de huit chefs d'accusation, notamment de trahison, d'incitation à la violence et de trouble à l'ordre public. L'avocat Mujem Fombad a déclaré à VOA que les peines pour ces accusations pourraient aller jusqu'à la peine de mort:

« L'article 102 du code pénal sanctionne l'hostilité à l'égard de la patrie. Tout citoyen prenant part à des hostilités contre la République sera coupable de trahison et puni de mort. »

Lors de l' élection présidentielle du 7 octobre 2018, Kamto s'est classé deuxième avec 14,23 %, mais a déclaré que les élections avaient été truquées et a contesté les résultats.

Crise anglophone : 289 prisonniers remis en liberté

Le 13 décembre 2018, le président Paul Biya a ordonné la fin des poursuites devant le tribunal militaire de 289 personnes détenues dans le contexte de la crise anglophone et, donc, leur libération. Le journaliste Michel Biem Tong, en détention depuis le 23 octobre 2018 (cf. Liberté d'expression), a bénéficié de cette mesure et a été mis en libéré le 14 décembre 2018. Bien que la mesure ait été louée par l'organisation de défense des droits de l'homme Un monde d'avenir, elle a affirmé qu'il ne s'agissait que d'un « saupoudrage » dans la mesure où l'attitude du gouvernement n'a pas changé. Philippe Nanga du CSO a déclaré aux médias :

« Cela permettait à quelques personnes de retrouver enfin la liberté, ce qui n’est pas une mauvaise chose du tout mais nous avons été renforcés dans notre observation regrettable que le gouvernement n’a pas du tout l’intention de trouver une solution à un problème qui perdure depuis deux ans. Nous sommes restés confrontés à l’idée que l’emprisonnement restait l’option choisie par le gouvernement du Cameroun, notamment dans le cas de la crise anglophone. Cette mesure pour nous était un saupoudrage. Elle ne permettait pas malheureusement d’aller vers les options de ce problème que nous déployons depuis plusieurs années. »

Association

Civil society organisations in Cameroon must register with the Ministry of Territorial Administration, which has the power to suspend or dissolve associations which ‘threaten public order’, although there are no set criteria for making such a decision. CSOs defending the rights of LGBTI people, or promoting the fight against corruption are particular targets of these wide-ranging ministerial powers.

Civil society organisations in Cameroon must register with the Ministry of Territorial Administration, which has the power to suspend or dissolve associations which ‘threaten public order’, although there are no set criteria for making such a decision. CSOs defending the rights of LGBTI people, or promoting the fight against corruption are particular targets of these wide-ranging ministerial powers. The state also makes systematic attempts to subvert and infiltrate the civil society sector. In more recent times, newer and less formal citizen movements have become the subject of intense scrutiny, harassment and unlawful arrest by the security services in Cameroon.

Peaceful Assembly

Any person organising a peaceful public gathering in Cameroon must first get approval from the authorities. This gives the state the power to ban marches and demonstrations that it does not like, on the grounds that the assembly is likely to ‘disturb public order’.

Anyone organising a peaceful public gathering in Cameroon must first get approval from the authorities. This gives the state the power to ban marches and demonstrations that it does not like, on the grounds that the assembly is likely to ‘disturb public order’. Similar to the authorities’ approach to undesirable associations, protests dealing with the rights of LGBTI people and combatting corruption are especially likely to be denied permission, while meetings dealing with land rights, democracy and security are frequently broken up. Protests often turn violent because of disproportionate use of force by the police. Where protests are approved, they can also be restricted by the imposition of conditions on the time, place and duration of a demonstration or meeting. Strict rules on the organisers’ liability for damage also affects the potential financial sustainability of some movements that rely on regular public gatherings to build support.

Expression

In Cameroon, the authorities tightly control the media through the National Communications Commission (NCC), which regularly suspends media outlets and journalists when they broadcast information or opinions perceived as damaging to the state or its agents. In April 2015 alone, the NCC suspended a TV channel, a radio station and three privately-owned newspapers.

In Cameroon, the authorities tightly control the media through the National Communications Commission (NCC), which regularly suspends media outlets and journalists when they broadcast information or opinions perceived as damaging to the state or its agents. In April 2015 alone, the NCC suspended a TV channel, a radio station and three privately-owned newspapers. In recent years, several journalists were arrested under the new anti-terrorism law and brought to the military court, charged with disclosure of defence secrets and being a threat to state security At least one journalist has died in custody, one had his car blown up outside his house while others have fled the country because of reactions to their reporting. Many journalists self-censor because of fear of reprisals. Cameroonian human rights activists describe how journalists operate with the constant threat of intimidation, harassment and arrest by the authorities. Access to information is further curtailed as only 11% of the population has access to the Internet.