Liberté d'association

Poursuites contre des membres de l'opposition

En décembre 2021, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), un tribunal spécial, a déclaré coupables et condamné à de lourdes peines de prison deux dirigeants de l'opposition. L'ancien ministre de la Justice Reckya Madougou, du parti d'opposition Les Démocrates (LD), a été condamné à vingt ans de prison pour « complicité d'actes terroristes », tandis que le professeur de droit et expert constitutionnel Joël Aïvo a été condamné à dix ans de prison pour « complot contre la sûreté de l'État » et « blanchiment de capitaux ».

Auparavant, leur candidature aux élections présidentielles controversées d'avril 2021 avaient été rejetées. À la suite de réformes électorales contestées, seuls trois candidats étaient éligibles à l'élection présidentielle. Les principaux dirigeants de l'opposition étaient soit en exil, soit arrêtés ou mis en examen pour divers crimes et délits, soit déclarés inéligibles. Comme nous l'avons indiqué sur le Monitor CIVICUS, plusieurs membres de l'opposition ont été arrêtés, convoqués, inculpés ou condamnés avant ou dans le cadre des élections présidentielles du 11 avril 2021.

Les critiques ont accusé Patrice Talon d'instrumentaliser la CRIET afin de réprimer l'opposition.

Libération d'un militant de la bonne gouvernance

Le 18 janvier 2022, le militant de la bonne gouvernance Jean Kpoton a été libéré de prison après avoir purgé une peine d'un an. Le militant avait été arrêté le 13 janvier 2021 et poursuivi pour « harcèlement par le biais d’une communication électronique » en vertu de la Loi portant code du numérique. Sur Facebook, il avait affirmé que la voiture utilisée par le président Talon pour une tournée à travers le pays avait coûté six millions de francs CFA (9 660 USD). Le 9 février 2021, Kpoton a été condamné à un an de prison et à une amende de 200 000 francs CFA.

La Commission nationale des droits de l'homme est préoccupée par les violations commises à l'encontre des personnes LGBTQI+

Dans son rapport annuel publié en décembre 2021, la Commission nationale des droits de l'homme s'est dite préoccupée par « les agressions physiques et sexuelles, la détention arbitraire, les tortures et les traitements inhumains et dégradants observés ces derniers temps au Bénin sur les personnes lesbiennes, gays, bisexuels, trans, queers, intersexes et autres (LGBTQI+) ».

Selon Amnesty International, le 4 février 2022, des policiers ont asséné des coups de matraque et de machette et ont déshabillé et photographié une femme trans. Elle a été contrainte à rester nue pendant les trois jours qu'elle a passé en détention. Dans un premier temps, la victime et trois amis trans ont été attaqués et agressés par des chauffeurs de moto-taxis et des voisins, avant d'être emmenés de force au poste de police de Pahou. En avril 2021, trois femmes trans ont été forcées à se déshabiller et ont été battues par un groupe d'hommes à Cotonou. Les agresseurs ont filmé l'attaque et ont diffusé la vidéo sur les réseaux sociaux. Le 30 juin 2021, l'un des hommes a été reconnu coupable de coups et blessures et condamné à douze mois de prison, dont six mois avec sursis. Amnesty a également signalé que trois organisations LGBTQI+ avaient reçu des menaces après avoir défendu publiquement les trois femmes.

Liberté de réunion pacifique

Réunion publique pour protester contre la vie chère

Le 18 février 2022, la Confédération des syndicats autonomes (CSA-Bénin) et cinq autres syndicats ont organisé une réunion publique géante à la Bourse du travail de Cotonou pour protester contre la cherté de la vie et les « salaires de misère ». Cet énorme rassemblement s'est tenu avec le nouveau Code général des impôts en toile de fond ; il avait été approuvé par l'Assemblée nationale du Bénin en décembre 2021. Selon Anselme Amoussou de CSA-Bénin, la vie n'a jamais été aussi chère dans le pays.