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Arrestation, mise en examen et libération d’un journaliste et défenseur des droits de l’homme

Association

Le 4 décembre 2019, le secrétaire général de l'organisation des droits de l'homme Convention Tchadienne pour la défense des droits de l'homme (CTDDH), Mahamat Nour Ibedou, a été mis en examen pour complicité de meurtre après son arrestation la veille, le 3 décembre 2019. Le 29 novembre 2019, Nour Ibedou avait été convoqué devant l'unité criminelle du Commissariat central de police de N'Djamena, capitale du Tchad, au départ en réponse à une plainte pour diffamation déposée par Bokhit Itno, neveu du président Idriss Déby Itno, concernant un communiqué de presse dans lequel le CTDDH affirmait que des abus physiques avait été infligés à trois personnes dans une propriété privée appartenant à Bokhit Itno. Nour Ibedou a été arrêté le 3 décembre 2019 lors de sa présentation devant la police. Les accusations de meurtre concernent un assassinat de 2014 qui aurait été commis par un membre du CTDDH, Malik Ibet Ibrahim, poursuivi dans une procédure distincte. À partir d'un échange de courriers électroniques, le procureur accuse Nour Ibedou d'avoir aidé Ibrahim à échapper à la justice pour ce meurtre. L'avocat de Nour Ibedou pense que le courriel est fabriqué de toutes pièces et a mis en évidence des irrégularités. D'ailleurs, il accuse le procureur d'avoir tenté de discréditer Nour Ibedou en représailles pour ses critiques à l'encontre d'un membre de la famille du président.

Selon des informations parues dans la presse, Mahamat Nour Ibedou a été mis en liberté le 8 janvier 2020 après que le juge d'instruction a ordonné le classement de l'affaire. Le militant des droits de l'homme a déclaré à Radio France Internationale (RFI) :

« Le but était simplement de me faire taire. »

Expression

Selon des informations publiées dans la presse, le 26 décembre dernier Ali Hamata Achène, correspondant de la radio Dja FM, a été placé en détention par la police judiciaire à Mongo, dans la province du Guéra . Son arrestation ferait suite à une plainte déposée par le juge d'instruction de Mongo concernant une publication Facebook faite par Achène dans laquelle il s’interrogeait sur la lenteur du système judiciaire. Le 7 janvier 2020, le journaliste a d'abord été déclaré coupable de diffamation et d'outrage à magistrat et a été condamné à six mois de prison et à une amende de 100 000 francs CFA (169 USD).

Mekondo Sony de l' Union des radios privées du Tchad commente à RFI :

« Si un journaliste ne vient pas chercher les informations qu'il diffuse, ils diront que ce sont des rumeurs, de fausses informations. Mais quand on vient à la recherche d'informations pour les mettre à la disposition du public, on dit que c'est une diffamation, un outrage à magistrat. »

Hamata Achène a été mis en liberté le 14 janvier 2020 après qu'une cour d'appel a infirmé le verdict pour vice de procédure.