English

LA RÉPRESSION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE SE POURSUIT : LE BUREAU DES NATIONS UNIES EST EXPULSÉ

LA RÉPRESSION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE SE POURSUIT : LE BUREAU DES NATIONS UNIES EST EXPULSÉ

Liberté d'association

Le 26 novembre 2018, l'appel du défenseur des droits de l'homme, Germain Rukuki a été examiné par la cour d'appel de Bujumbura, qui a ensuite reporté l'affaire à une date ultérieure. Des observateurs de l’Union africaine étaient présents et aucun incident de sécurité n’a été signalé. Comme indiqué précédemment, Rukuki avait été arrêté et condamné à 32 ans de prison le 26 avril 2018, accusé d'avoir participé à un mouvement insurrectionnel, d'atteinte à la sécurité de l'État et de rébellion dans une procédure largement critiquée par la société civile en raison de la violation de son droit à un procès équitable.

Le 5 décembre 2018, le gouvernement a ordonné au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies de fermer son bureau dans le pays dans un délai de deux mois, montrant ainsi une intolérance croissante à l'égard des instances internationales des droits de l'homme. En 2017, le Burundi est devenu le premier pays à se retirer de la Cour pénale internationale. En septembre 2018, il a menacé de quitter le Conseil des droits de l'homme après qu'un autre rapport a évoqué des crimes contre l'humanité commis dans le pays.

Dans un incident assez similaire, le 7 janvier 2019, suite à l'expiration de l'ultimatum du gouvernement aux ONG pour qu'elles adhèrent aux nouvelles lois régissant le secteur, l'ONG française Handicap International a annoncé qu'elle cesserait ses activités au Burundi. Selon un communiqué de presse publié par l'organisation, l'obligation d'enregistrer la composition ethnique de son personnel et de communiquer cette information aux autorités constitue une ligne rouge qu'elle ne souhaite pas franchir. Comme indiqué précédemment sur le Monitor, en octobre 2018 le gouvernement a suspendu les activités de toutes les ONG internationales actives dans le pays et leur a demandé de se soumettre à une nouvelle procédure d'inscription et de respecter des quotas ethniques de recrutement controversés. En novembre 2018, le gouvernement a levé la suspension de 25 ONG après qu’elles se sont conformées aux exigences de réinscription.

Le 27 décembre 2018, un tribunal burundais a acquitté trois défenseurs des droits de l'homme condamnés à des peines de dix ans d'emprisonnement pour avoir porté atteinte à la sécurité de l'État. Emmanuel Nshimirimana, Aimé Constant Gatore et Marius Nizigiyimana, membres de Parcem – l'une des rares OSC restantes dans le pays – avaient planifié un atelier sur les droits de l'homme lorsqu'ils ont été arrêtés en juin 2017.

Liberté d'expression

À la mi-décembre 2018, la ministre de la Justice, Laurentine Kanyana, a rejeté un documentaire de la BBC le qualifiant de « faux reportage » et a demandé à la chaîne de télévision de le retirer et de verser des dommages et intérêts à ceux qu'elle avait diffamé. Le documentaire porte le titre : Inside Burundi's Killing Machine et alléguait l'assassinat systématique de membres de l'opposition par la police et par des unités de renseignement dans des lieux de torture tenus secrets. Le ministre a également déclaré que le gouvernement burundais avait l'intention de poursuivre la BBC en justice pour ce qu'il considérait être de faux reportages d'investigation.