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Des lourdes peines de prison pour deux défenseurs des droits de l’homme

Association

Le 16 janvier 2019 le tribunal correctionnel de Lomé a condamné l'activiste et leader de la jeunesse Folly Satchivi, membre du mouvement En aucun cas, à une peine de prison de 36 mois, dont 12 avec sursis. Il a été reconnu coupable des délits « d'apologie de crime et de délit » et de « trouble aggravé à l’ordre public » en vertu des articles 552-1 et 495-3 du code pénal, mais n'a pas été reconnu coupable de « rébellion ». Comme nous l'avions signalé précédemment sur le Monitor, Satchivi avait été arrêté le 22 août 2018 alors qu'il se rendait dans les locaux d'une ONG à Bè-Gakpoto à Lomé, où il devait tenir une conférence de presse jugée « illégale » par les autorités.

Auparavant, le 12 décembre 2018, le défenseur des droits de l'homme Assiba Johnson, président de l'OSC Regroupement des Jeunes Africains pour la Démocratie et le Développement (REJADD), avait été condamné à 18 mois de prison, dont 6 avec sursis, pour « diffusion de fausses nouvelles » et « outrage aux autorités publiques ». Comme nous l'avions indiqué dans une précédente mise à jour du Monitor, le Service de renseignements et d'investigation (SRI) avait arrêté Assiba Johnson le 4 avril 2018 suite à la publication d'un rapport rédigé en collaboration avec l'organisation Réseau africain pour les initiatives de droits de l'homme et de solidarité (RAIDHS) détaillant la répression des manifestations au Togo entre août 2017 et janvier 2018.

Messenth Kokodoko et Joseph Eza, deux autres défenseurs des droits de l'homme appartenant au mouvement Nubueke, ont été mis en liberté le 31 janvier 2019 en vertu d'une grâce présidentielle décidée lors d'une réunion du Conseil des ministres. Tous deux se trouvaient en détention préventive depuis leur arrestation, les 17 et 19 octobre 2017 respectivement, en raison de leur participation à des manifestations.

Réunion pacifique

Les élections législatives du 20 décembre 2018, boycottées par une coalition de 14 partis d'opposition (C-14), ont permis au parti du président Fauré Gnassingbe, Union pour la République (UNIR), de remporter 59 des 91 sièges de l'Assemblée nationale. Les élections ont été précédées d'un nombre grandissant d'appels émanant des partis d'opposition, des groupes religieux et des organisations de la société civile, demandant le report ou la suspension des élections jusqu'à la mise en œuvre des réformes constitutionnelles et institutionnelles. Plusieurs personnes sont décédées lors des manifestations de l'opposition début décembre, comme nous l'avions indiqué précédemment sur le Monitor.

Le 26 janvier 2019, cette coalition de 14 partis d'opposition (C-14) a manifesté à Lomé, capitale du Togo, et dans d'autres villes comme Ataktamé, Mango et Sokodé, pour dénoncer ce qu'ils appellent un « coup de force électoral ». À Lomé, les manifestants portaient des pancartes du type « 50 ans de dictature sanglante doivent cesser ». Le président du parti d'opposition, Alliance nationale pour le changement (ANC), Jean Pierre Fabre, a déclaré à la presse que la mobilisation était moins importante que lors des manifestations précédentes en raison « des intimidations et de la mobilisation des forces de sécurité et des militaires partout ». Aucun incident n'a été signalé.