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Les hausses du prix des carburants déclenchent des grèves et des manifestations meurtrières

DATE POSTED : 12.08.2026

AFP via Getty Images
Prière funéraire à Iconi le 17 mai 2026 en hommage à deux manifestants tués lors d’affrontements avec la police.
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Cette mise à jour porte sur les événements liés à la liberté d’expression et au droit de réunion pacifique aux Comores, survenus du 13 janvier au 10 août 2026.

CONTEXTE

Le suivi des recommandations de l’EPU est amorcé

Les autorités nationales, des partenaires techniques et les organisations de la société civile ont participé au lancement du processus de mise en œuvre des recommandations issues du 4ᵉ cycle de l’EPU. Il a débuté avec des réunions à Mutsamudu en mars 2026 et s’est poursuivi à Fomboni en avril, puis en mai à Moroni. Le gouvernement comorien a accepté 194 des 237 recommandations formulées par les États membres en 2025, notamment la ratification du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Liberté de réunion pacifique

Le prix des carburants déclenche des grèves et des manifestations meurtrières

Des manifestations contre la hausse des prix des carburants ont été réprimées dans la violence.

Le 9 mai 2026, le gouvernement comorien a annoncé une hausse des prix des produits pétroliers, motivée par la hausse des cours mondiaux du pétrole. Usukani wa Masiwa, principal syndicat des transports, a dénoncé l’absence de concertation préalable, exigé une baisse des prix du carburant et lancé un appel à la grève.

Surgi à Moroni, le mouvement de grève a gagné la quasi-totalité de l’île de Grande Comore. Le 12 mai 2026, les commerçants ont rejoint la grève des chauffeurs de bus, de taxi et de poids lourds, perturbant les cours et paralysant partiellement l’Administration publique. Le lendemain, les associations de pêcheurs ont rallié le mouvement de débrayage.

Les manifestants ont bloqué la circulation sur plusieurs routes à Moroni et à Iconi à l’aide de rochers et de pneus. Le 13 mai 2026, des véhicules blindés ont été déployés dans la capitale, tandis que des heurts entre les forces de l’ordre et des jeunes dans plusieurs localités voisines ont entrainé des arrestations. Le 15 mai 2026, la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés s’est rendue au quartier général de la Gendarmerie nationale pour examiner les conditions de détention des personnes arrêtées. Elle a ainsi pu constater que 39 personnes étaient détenues, dont deux mineurs et huit présumées mineures.

Un affrontement a éclaté à Mirontsy, sur l’île d’Anjouan, entre le maire et l’association des pêcheurs. Deux personnes ont été tuées et cinq autres blessées par des tirs à balles réelles de la police lors d’affrontements survenus à M’pagé. Près de M’dé, en Grande Comore, des jeunes ont lancé des pierres sur des soldats, qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes. ’

Le parquet a annoncé l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire, tandis que le gouvernement a déclaré, le 16 mai 2026, la suspension temporaire de la hausse des prix du carburant.

Le ministre de l’Intérieur interdit les manifestations traditionnelles en semaine

Le 17 juillet 2026, le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Assoumani, a publié la note circulaire nᵒ 26-001/MIDAT/CAB, qui interdit les rassemblements coutumiers l’après-midi des jours ouvrables. Il a en outre instruit les autorités préfectorales et locales de refuser toute autorisation pour de tels rassemblements. Les mariages, les cérémonies traditionnelles et les rassemblements doivent avoir lieu les jours fériés ou les jours de repos. Selon le ministre, ces événements provoquent de l’absentéisme au sein de la fonction publique

Cette mesure n’a pas été bien accueillie, car de nombreux événements étaient déjà prévus, d’autant plus que la diaspora est présente en grand nombre durant l’été.

Liberté d’expression

Un journaliste et un directeur général sont arrêtés pour avoir informé de l’état de santé de l’ancien président

Le 8 juin 2026, Toufé Maecha, journaliste à La Gazette des Comores, et El-Had Saïd Omar, directeur général du même journal, ont été interpellés par des agents de la Gendarmerie nationale à la suite de la publication d’articles relatifs à l’état de santé de l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Toufé Maecha avait publié des articles sur l’état de santé défaillant de l’ancien président. Ce dernier purge actuellement une peine de prison à perpétuité pour haute trahison. La nécessité d’une évacuation sanitaire pour motifs médicaux ne fait pas l’objet d’un consensus.

Dans une vidéo publiée le 9 juin 2026, la procureure Saidatte Fatuma Said Boina a déclaré qu’une enquête judiciaire avait été ouverte à l’encontre du journaliste pour ses articles publiés en mai et juin 2026, jugés susceptibles de « troubler l’ordre public et de porter atteinte à la paix sociale ». Le directeur de la publication, El-Had Saïd Omar, a également été interrogé et a été remis en liberté le 9 juin 2026. Le comité exécutif du Syndicat national des journalistes comoriens, accompagné de plusieurs journalistes, a immédiatement pris contact avec les autorités afin d’obtenir des informations sur l’arrestation de leurs confrères, et les a exhortées à « faire preuve de transparence quant aux raisons de leur arrestation, conformément aux principes de l’État de droit ». D’après France Info, ils ont été inculpés de publication et complicité de diffusion de fausses informations.

Toufé a été libéré le 10 juin 2026. Les deux journalistes sont soumis à un contrôle judiciaire strict pendant toute la durée de l’enquête et il leur est interdit de quitter l’île de Grande Comore. De plus, Toufé Maecha a également été interdit d’écrire des articles pendant toute la durée de l’instruction.

Les autorités comoriennes devraient s’abstenir d’arrêter cavalièrement des journalistes pour leurs reportages et reconnaître plutôt l’importance de publier des informations sur des sujets d’intérêt public. - Moussa Ngom, représentant du CPJ pour l’Afrique francophone

Sondage : trois quarts des Comoriens estiment ne pas être libres d’exprimer leurs opinions

Le 8 juin 2026, le réseau de recherche par sondages Afrobarometer a publié un rapport sur la perception des Comoriens concernant l’exercice des libertés, l’indépendance des médias et la démocratie.

Il ressort des principales conclusions que la majorité des Comoriens souhaite que les médias puissent librement diffuser toutes les idées et opinions, sans ingérence du gouvernement, et qu’ils puissent enquêter et publier régulièrement des informations sur la corruption et les défaillances du gouvernement. Toutefois, selon ce sondage, deux tiers des personnes interrogées affirment que les médias ne sont pas véritablement libres d’accomplir ces missions à l’abri de la censure ou de l’ingérence gouvernementale.

Trois quarts des Comoriens estiment ne pas disposer d’une liberté d’expression suffisante : 21 % se disent « pas très libres » et 54 % « pas du tout libres » d’exprimer leurs opinions. Comparés aux citoyens de 37 autres pays étudiés par Afrobarometer en 2024-2025, les Comoriens sont les moins susceptibles de déclarer jouir de la liberté d’expression

Un ministre refuse de répondre aux questions lors d’un sommet international

Les 11 et 12 mai 2026 s’est tenu à Nairobi, au Kenya, le sommet international Africa Forward : Partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance. Bien que le journal Comoresinfo y ait été officiellement invité et accrédité, une fois sur place, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Mbae Mohamed, a clairement indiqué aux journalistes qu’il ne répondrait pas aux questions du média.

Civic Space Developments
Country
Comoros
Country rating
Obstructed
Category
Latest Developments
Tags
excessive force,  journalist detained,  killing of protestors,  labour rights,  protest,  protest disruption,  protestor(s) detained, 
Date Posted

12.08.2026

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