TOGO PRESS RELEASE

Togo added to human rights watchlist as civic rights deteriorate

Johannesburg, 18 February 2021

  • Civic rights and democratic freedoms have been deteriorating since 2017
  • Concerns about restrictions on media and detention of a journalist and trade unionists
  • The state of civic freedoms in Togo downgraded to REPRESSED in December 2020

Togo has been added to a watchlist of countries that have seen a worrying recent decline in fundamental democratic freedoms. Recent violations include the closure of a media outlet and the detention of trade unionists and a journalist.

The new watchlist is released by the CIVICUS Monitor, an online platform that tracks the latest developments to civic freedoms, including the freedoms of expression, association and peaceful assembly, in 196 countries.

There are increasing concerns about freedom of the press in Togo. The national media regulator, the Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC), regularly sanctions journalists and media outlets and hands out heavy sentences. In January 2021, the HAAC ordered the newspaper L’Indépendant Express to cease all operations - online and print - and requested a court to withdraw the newspaper's operating licence after its editor, Carlos Ketohou, was accused of defamation and violating the Code of Ethics. Ketohou was arrested on 29 December 2019 and held for four nights on accusations of defamation. In February 2021, the bi-weekly L’Alternative was suspended by HAAC for four months for allegedly ‘publishing false information’, violating ethical rules and failing to cross-check facts.

In January 2021 eight members of the teachers’ union, Syndicat des Enseignants du Togo, (SET) were detained after calling for a teachers’ strike. On 20 January 2021, police from the Central Service of Criminal Investigations (SCRIC) entered the offices of the workers’ trade union Synergie des Travailleurs du Togo (STT), interrupted a meeting and arrested four trade unionists, including three SET officials, without warrants. The eight were released but remain under judicial control.

Civic rights have been backsliding in Togo since the crackdown on anti-government protests in 2017-2018 to demand a return to 1992 constitution which included a two-term presidential limit. Since then, civic space violations include the killing of protesters, the arrest and prosecution of human rights defenders, journalists and pro-democracy activists and the banning of civil society and opposition protests. Media is also under threat in Togo; outlets have been suspended and the internet is regularly disrupted or shut down. Also of concern is the adoption of restrictive legislation such as the 2018 Cybersecurity Law and the 2019 modification of this law, which places limits on organising peaceful meetings and protests.

In the coming weeks and months, the CIVICUS Monitor will closely track developments in Togo and raise our concerns to the United Nations Human Rights Council, which will hold its 46th Session from 22 February to 23 March in Geneva, Switzerland.

Togo is currently rated REPRESSED by the CIVICUS Monitor. There are a total of 44 countries in the world with this rating (see all). This rating is typically given to countries where civic space is heavily contested by power holders, who impose a combination of legal and practical restrictions which make it difficult for people to enjoy their full democratic rights (see full description of ratings).


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For more details, or to arrange an interview, please contact:

media@civicus.org


FRANÇAIS

Le Togo entre dans la liste de surveillance des droits de l'homme alors que la dégradation des droits civiques se poursuit

Johannesburg, le 18 février 2021

  • Les droits civiques et les libertés démocratiques se détériorent depuis 2017
  • Les restrictions imposées aux médias et la détention d’un journaliste et des syndicalistes suscite des préoccupations
  • L'état des libertés civiques au Togo a été classé comme RÉPRIMÉ en décembre 2020.

Le Togo vient de rentrer dans une liste de surveillance qui comprend des pays ayant connu récemment un déclin inquiétant des libertés démocratiques fondamentales. Parmi les violations récentes on trouve la fermeture d'un média et la détention d'un journaliste et de syndicalistes.

La nouvelle liste de surveillance vient d'être publiée par le CIVICUS Monitor, une plate-forme en ligne qui suit les derniers développements en matière de libertés civiques dans 196 pays, notamment les libertés d'expression, d'association et de réunion pacifique.

Les préoccupations pour la liberté de la presse ne cessent de croître au Togo. La Haute Autorité de l'audiovisuel et de la communication (HAAC), le régulateur national des médias, sanctionne régulièrement les journalistes et les médias, et leur impose de lourdes peines. En janvier 2021 la HAAC a ordonné au journal L'Indépendant Express de cesser toutes ses activités — édition papier et en ligne — et a demandé à un tribunal le retrait de la licence d'exploitation du journal, après que son rédacteur en chef Carlos Ketohou a été accusé de diffamation et de violation du code de déontologie. Ketohou a été arrêté le 29 décembre 2019 et est resté sous détention pendant quatre nuits pour des accusations de diffamation. En février 2021 la HAAC a suspendu de parution le bihebdomadaire L'Alternative pendant quatre mois parce qu'il aurait « publié de fausses informations », violé les règles déontologiques et publié des faits non-vérifiés.

En janvier 2021 huit membres du Syndicat des enseignants du Togo (SET) ont été arrêtés après avoir appelé à une grève des enseignants. Le 20 janvier 2021 des gendarmes du Service central de recherches et d'investigations criminelles (SCRIC) ont pénétré dans les locaux du syndicat Synergie des Travailleurs du Togo (STT), ont interrompu une réunion et ont arrêté quatre syndicalistes, dont trois responsables du SET, sans mandats. Ces trois responsables s'étaient entretenus avec le coordinateur du STT le 20 janvier alors que le STT avait proposé d'agir comme médiateur entre le SET et le gouvernement à la suite de l'arrestation de certains membres du SET, rôle accepté par le gouvernement. Les huit syndicalistes ont été remis en liberté mais restent sous contrôle judiciaire.

Au Togo l'espace civique s'est dégradé depuis la répression des manifestations de l'opposition antigouvernementale de 2017 et de 2018. À cette occasion les manifestants exigeaient un retour aux dispositions de la constitution de 1992, laquelle prévoyait une limite de deux mandats pour les présidents. Depuis lors, les violations de l'espace civique comprennent le meurtre de manifestants ; l'arrestation et la poursuite de défenseurs des droits de l'homme, de journalistes et de militants pro-démocratie ; et l'interdiction des manifestations de l'opposition et de la société civile. Les médias sont également menacés au Togo : certains ont été suspendus et les interruptions et les coupures d'Internet sont monnaie courante. Une autre source de préoccupation est l'adoption d'une législation restrictive, telle que la loi de 2018 sur la cybersécurité et sa modification ultérieure de 2019, qui impose des limites à l'organisation de réunions pacifiques et de manifestations.

Dans les semaines et mois à venir le CIVICUS Monitor suivra de près les développements au Togo et fera part de ses préoccupations au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies qui tiendra sa 46e session du 22 février au 23 mars à Genève, en Suisse.

Le CIVICUS Monitor vient de classer le Togo comme RÉPRIMÉ. Au total, 44 pays sont inscrits dans cette catégorie (voir tous). Ce classement est généralement attribué aux pays où l'espace civique est fortement contesté par les détenteurs du pouvoir, qui imposent une combinaison de restrictions juridiques et pratiques qui empêchent les populations de jouir pleinement de leurs droits démocratiques ( voir la description complète des évaluations).

Pour plus d'informations ou pour organiser une entrevue, veuillez écrire à : media@civicus.org